Biographie
Origines
Jean Chauvin naît le 30 mars 1889 à Rochefort sur mer. Seul survivant d'une fratrie de six enfants dont son jumeau André Joseph. Toute son œuvre sera profondément marquée par le thème de la naissance et de la gémellité.
En 1906, à 17 ans, il sculpte au couteau ce qui sera sa première œuvre, un bois de bouleau qu'il dira plus tard avoir caché sous un tas de charbon, son père s'opposant avec fermeté à sa vocation.

Portrait de sa mère, crayon de couleur sur papier, vers 1905
Formation et premiers Salons
Le 14 mars 1908, il entre à l'école des Arts décoratifs de Paris, puis, le 7 janvier 1909, dans l'atelier du sculpteur Antonin Mercié à l'école des Beaux Arts. Il y restera jusqu'en 1915 car exempté du service des armes le 9 décembre 1914. Il rencontre François Pompon dont il deviendra un proche.
En 1909, il réalise La Toilette en bois d'ébène du Japon, considérée comme l'une des premières sculptures abstraites.
Entre 1913 et 1920, Chauvin participe au Salon d'automne et à celui des indépendants tout en travaillant dans l'atelier de Joseph Bernard où il participe à la taille de la Frise de la danse (actuellement au Musée d'Orsay). Sociétaire du Salon d'automne, il y expose également deux sculptures en 1928. S'orientant définitivement vers la sculpture abstraite, il est remarqué par le collectionneur Jacques Doucet qui lui achète une sculpture.

Autoportrait, huile sur carton, 1909

La Toilette, 1909, bois d'ébène du Japon
Galerie Jeanne Bucher
En 1928, Chauvin fait sa première exposition particulière à la galerie Au Sacre du Printemps. Reprise par Jeanne Bucher sous son propre nom, il y exposera jusqu'au décès de celle-ci en 1947. Pendant ces années il se lie d'amitié avec Robert Rey, qui deviendra directeur des Arts plastiques en 1944, ainsi qu'avec Jean Cassou, fondateur du Musée National d'Art Moderne.
C'est environ dans les années trente qu'il emménage, 9 rue du chalet à Malakoff et devient propriétaire à Port-des-Barques.

Galerie Jeanne Bucher, rue du Cherche-Midi, Paris

Avec son ami Bernaux à Port-des-Barques, années 1930
Grandes commandes
En 1935, à la demande de l'architecte Pierre Patout, il réalise une grande sculpture Fontaine Lumineuse pour le paquebot Normandie.
En 1937, toujours à la demande de Pierre Patout, Chauvin réalise une sculpture monumentale (11 mètres de hauteur) en béton éclaté pour le pavillon des Artistes décorateurs à l'exposition Universelle ainsi que deux grandes vasques en porcelaine pour le pavillon de Sèvres.
Il expose, en 1939, au salon des Réalités Nouvelles à la galerie Charpentier, pour lequel il crée la sculpture Guerre.

Fontaine Lumineuse, paquebot Normandie, 1935

Sculpture Signal, béton, H: 11 m, Exposition Universelle, 1937
Rayonnement international
De 1947 à 1955, sous l'égide de Cécile Goldscheider (conservateur du Musée Rodin) il expose à Berne (Suisse), Prague (Tchécoslovaquie), Amsterdam (Pays-Bas), Stockholm (Suède), Düsseldorf (Allemagne), etc. En 1949, il fait une exposition particulière à la galerie Maeght (Paris).
Pendant toutes ces années, Chauvin partageait son temps entre Malakoff où il modelait ses maquettes et dessinait pendant six mois et Port-des-Barques où il sculptait pendant les six autres mois.

Derrière le Miroir n°18, Galerie Maeght, mars 1949
Consécration et héritage
Durant cette période quelques dates importantes sont à retenir : en 1960 Christian Zervos lui consacre une monographie ; en 1962 il est choisi pour représenter la France à la 31e Biennale de Venise ; en 1976 il fait don au Musée National d'Art Moderne de 162 maquettes de ses sculptures.
Entièrement consacré à son art, sa vie personnelle reste peu connue.

Portrait de Jean Chauvin par Jean Bazaine, 1960

Chauvin, Christian Zervos, Éditions Cahiers d'Art, 1960

Maquette, plâtre, donation au MNAM, 1976